Nouvelle adresse pour Philippe Chevrier.

Après le Patio, le Café des Négociants ( à Carouge), Denise’s (Globus), Chez Philippe, et bien sur le Domaine de Châteauvieux, star des chefs Genevois s’associe à Grégory Arh pour l’ouverture d’un nouvel établissement  au coeur du Quartier des Banques. Je suis partie à la découverte de ce restaurant, c’est parti pour Monsieur Bouillon au banc d’essai.

Ca en jette!

Dès l’extérieur on peut dire que « ça en jette », les beaux éclairages se reflètent dans les immenses baies vitrées, franchement canon. J’aime déjà, il faut dire que Monsieur Bouillon est le nouveau fer de lance du groupe chevrier, Je ne m’attendait pas non plus à une cantine de bas étage, n’abusons pas. Par contre, on est  loin, très loin de l’esprit des “Bouillon parisien”. Ces adresses populaires et emblématiques on été remises au gout du jour par des entrepreneurs trentenaires et bobo dans la capitale française ses dernières années. Genève a visiblement raté le coche de cette tendance urbaine très sympa.

Un espace de co-working

D’ailleurs, l’immeuble du centre-ville est un immense – et sublime- espace de co-working nommé « Quartier des Banques by Signature », exploité par le groupe Regus, ici en version uberluxe. Déjà qu’un bureau chez Regus ça coute un bras, donc imagine le membership ici, qui est aussi donne accès a un club privé, avec salle de gym, bar etc., ça ne sera donc pas pour tout le monde, mais le restaurant lui, est ouvert à tous.

Monsieur Bouillon

Bien sur, c’est le groupe Chevrier qui exploite les espaces de restaurations, Monsieur bouillon au rez-de-chaussée, et le bar de l’étage avec des surprises à venir quand « le restaurant roulera»nous dit-on.

A l’accueil du restaurant, on sent que c’est “le feu”: l’effervescence des ouvertures. « On est plein tous les jours !» nous dit Marion Ruaux, la responsable communication du groupe Chevrier, « Tu me laisses quelques minutes? Je les aide un peu et j’arrive, le téléphone sonne sans cesse, c’est de la folie!».

Pas de soucis, je m’installe, je zieutte tout ça, et je prends quelques photos (enfin 1000), c’est « whaou »! Des matériaux nobles, des murs en pierre, des bois précieux, des velours élégants (j’ai adoré les motifs à chevrons colorés des rideaux), des éclairages subtils et des œuvres d’art (comme dans tous les restaurants du chef Chevrier): un combo qui marche -même si ca fait beaucoup pour les yeux-, le résultat est élégant et chaleureux tout en restant un peu formel: ça match totalement avec le quartier et la clientèle.

Le rez-de-chaussé est vraiment très réussi, quant à l’espace café/bar de l’étage (réservé aux membres, ou pour déjeuner en cas de surréservation), il est magnifique, cosy, et chic. Côté déco, rien à dire, le chantier a dû être titanesque, et le résultat est top.

Le concept

Côté food maintenant (gros sujet, tu t’en doutes lecteur!). Alooorssss, donc, ici le chef d’orchestre en salle c’est Gregory Grégory Ahr. Le type est une sorte de sommité genevoise dans la restauration. Il est à l’origine de quelques concepts connus et à succès, et tu l’auras surement croisé ici où là durant ta vie genevoise. Bref, il est connu comme le loup blanc.

L’homme voulait ouvrir un nouveau concept autour du poulet (il fut déjà à l’origine de Chez ma cousine), Chevrier, lui, avait une envie sur l’œuf. Deux essentiels du quotidien de la cuisine française populaire réunis sur une même carte: ça sonne carrément bien et ça offre pas mal de possibilités, Monsieur bouillon est né.

À Table!

Après un petit cocktail – sans alcool-, on se lance dans la lecture de la grande carte : entrées, œufs, plats, dessert…Du choix en voici en voilà… On se lance avec un œuf meurette, classique mais toujours efficace, très bon.  Les œufs proviennent de la ferme «la Pièce » à Céligny, avec un calibre précis de 73 grammes. L’œuf de canne de la carte lui, vient d’une ferme de la Riviera Suisse à Montreux. Le chef mise sur le local.

On note les quelques plats aux influences asiatiques (qu’aime beaucoup le chef Philippe Chevrier). On remarque en particulier les brochettes Teriaki. Marion nous indique que des fours à charbon viendront prochainement compléter le matériel de la grande brigade (10 personnes tout de même) pour proposer une cuisson optimum de ce plat, on a hâte. Sur la carte, il y a finalement un peu de tout, mais pour jouer le jeu “oeuf et poulet”, je choisis les fourchettes de volaille sautées en persillades avec une sauce « cuisse de grenouilles ». Proposé à 30 francs, ce plat est extrêmement copieux (et un chouia gras), la prochaine on se tentera un « classico » avec le demi-poulet rôti à la broche qui me fait trop envi. Côté desserts: réjouissance! Il y a un sacré choix avec de très belles douceurs de pâtissiers, parfaits pour une touche finale qui fera plaisir.

Pour conclure.

Donc, j’ai bien mangé et bien bu, j’aurais cependant aimé un concept un peu plus jusqu’au «boutiste» sur le côté « l’œuf ou la poule », largement relayé par les différents médias et journalistes. Même si une offre élargie dans un quartier avec un tel potentiel reste, bien sûr un choix commercial logique, plus d’audace et d’essentialisme aurait pu propulser ce bel établissement vers des sphères plus remarquables.

À voir donc ce que Monsieur Bouillon nous réserve pour la suite, pour le moment l’adresse est prise d’assaut. Ne pas s’y être rendu entre deux confinements équivaut presque à un fashion faux pas mondain dans la ville de Calvin. En attendant de retrouver Monsieur Bouillon en live, vous pouvez toujours tenter l’expérience à l’emporter, c’est très sympa.

 

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